ACTIVITES EN SUISSE

Évènements et actualités en lien avec la situation des droits humains en Colombie

Dans la nuit du 8 au 9 septembre, dans le quartier de Santa Cecilia à Bogota, Javier Ordoñez a été assassiné par la police. Arrêté, étranglé et immobilisé au sol, il a subi au moins 11 décharges de taser. La vidéo de cette arrestation a terriblement choqué la population, les citoyens ont réagi avec indignation et ont manifesté dans l'après-midi et la nuit de ce mercredi dans plusieurs villes du pays. La journée a montré plus de brutalité policière et 7 personnes ont été tuées. Les manifestations continuent les jours suivant. (Pasc)

Déclaration en français des organisations sociales colombiennes

Action urgente des organisations sociales, actualisée le 11 septembre, en espagnol

Rapports de Defender la libertad es asunto de todas : 9 septembre, 10 septembre 1, 10 septembre bulletin 3

Mario Paciolla, italien (1987-2020) était volontaire dans "la mission de vérification de l'ONU pour le processus de paix en Colombie" et il avait été actif plusieurs années en Colombie au sein de PBI (Peace Brigades International). Il a été retrouvé pendu dans sa chambre, le 15 juillet. Dans un premier temps, les autorités colombiennes ont parlé de suicide, mais récemment l'autopsie et le début d'enquête faites en Italie permettent à la justice italienne de sérieusement douter de cette conclusion, la procureure italienne émet l'hypothèse d'un assassinat.

Voici un article en espagnol du quotidien colombien El Espectador, 

ainsi qu'un dossier en plusieurs langues avec notamment une pétition à signer pour aider à trouver la vérité sur les circonstances qui ont mené à la mort de Mario Paciolla

A la suite des exactions commises par les forces de l’ordre lors des manifestations de novembre 2019, et en général, notre partenaire le CSPP et d’autres organisations civiles ont présenté une requête devant la Cour Suprême contre ces agissements. Le 23 septembre, la Chambre de cassation civile de la Cour suprême de justice a garanti le droit de toute personne de manifester et le devoir des autorités d’empêcher, prévenir et punir l'intervention systématique, violente et arbitraire de la force publique contre les manifestations et autres actes de protestations ».
La cour suprême a ordonné :
(i) Que le Ministre de la Défense présente des excuses pour les excès de la force publique, en particulier l'ESMAD, lors des manifestations qui ont eu lieu le 21 novembre 2019,

(ii) ordonner aux membres du gouvernement de maintenir la neutralité lors de manifestations non violentes, même si elles visent à remettre en question leur propre politique,

(iii) mettre en place un groupe de travail pour restructurer les lignes directrices sur l'usage de la force dans les manifestations avec la participation des citoyens et édicter des règlements en la matière conformes aux normes internationales et constitutionnelles,

(iv) concevoir un protocole d'actions préventives, d'accompagnement et de suivi de la réaction, de l'utilisation et de la vérification de la force légitime de l'État et de la protection du droit de manifester pacifiquement des citoyens, y compris des rapports publics et soutenus en cas d'attaques contre la vie et l'intégrité personnelle,

(v) publier un protocole permettant aux citoyens et aux organisations de défense des droits de l'homme d'effectuer des vérifications en cas d'arrestations et de transferts de personnes lors de manifestations et

(vi) suspendre l'utilisation de fusils de calibre douze pour intervenir dans les manifestations.

Le décret

Nous avons reçu le témoignage de Julian Gil, détenu à la Picota, prison de Bogota. Cette interview réalisée par le média Voces en lucha évoque la répression du 21 mars et l'arrivée de la Covid.

https://lecourrier.ch/2020/04/30/les-prisons-colombiennes-demunies-face-au-covid-19/

L'inerview complète en espagnol ici.

L'association Turpial en collaboration avec le CSPP a lancé en avril 2020 un appel à la solidarité envers les communautés soutenues par nos projets.

Grâce aux généreux dons reçus, le CSPP a pu distribuer des aides alimentaires à 153 familles, environ 615 personnes réparties dans 32 municipalités de 14 départements du pays.

163 kits d'hygiènes et masques ont également été distribués aux personnes privées de la liberté pour des raisons politiques, et ce dans les départements de Santander, Antioquia, Valle del Cauca y Chocó.
MERCI !!!

voici le texte de l'appel à solidarité :

Association Turpial – IBAN: CH67 0900 0000 12 16 3053 8 (Mention "Urgence Covid")

Cher.e.s ami.e.s,
L'Association Turpial lance un appel urgent à la solidarité en Colombie.
Le strict confinement a des conséquences dramatiques pour les quelques 48% de Colombien.ne.s pauvres qui vivent de l'économie informelle et qui ne peuvent plus gagner leur pain au jour le jour, se retrouvant plongés dans la misère et l'impossibilité de nourrir leur famille. Beaucoup sont de surcroît exposés à la violence et aux menaces de groupes armés qui reprennent le contrôle dans diverses régions du pays.
Les bénéficiaires habituels de nos projets - victimes de crimes d'Etat, prisonnier.e.s, militant.e.s d'organisations communautaires, de défense des droits humains et de l'environnement – qui appartiennent aux secteurs économiques les plus humbles, commencent même à souffrir de la faim. Ce sont ces personnes qui sont directement visés par l'ouverture de cette souscription.

Pour 45 CHF (170'000 pesos), il est possible de remettre à une famille un panier de vivres et produits de première nécessité suffisant pour environ deux semaines. Notre partenaire de confiance sur le terrain, le CSPP, a établi une liste de 150 bénéficiaires potentiels, en priorité des femmes seules avec enfants.

Nous vous garantissons que votre don sera INTEGRALEMENT versé aux familles (aucun prélèvement pour le fonctionnement de l'Association Turpial ni pour le CSPP).

Merci beaucoup par avance pour votre solidarité via un versement d'urgence du montant de votre choix sur le compte de l'Association Turpial, IBAN CH67 0900 0000 12 16 3053 8 (Mention "urgence COVID").

Au nom de l'Association Turpial: Julie de Dardel et Elodie de Weck.

Infos: www.turpial.ch
E-mail: association.turpial@gmail.com

 

Les personnes incarcérées et leurs proches s'inquiètent de l'absence de mesures prises pour contrer l'avancée du virus dans les établissements pénitenciers. Le gouvernement ne va pas libérer ou mettre en détention domiciliaire un nombre conséquent de détenu-es, les gardes entrent et sortent sans mesures particulières, l'administration ne fournit aucun produit d'hygiènes ni masques.

Chaque semaine, les proches organisent un rassemblement, certaines associations ou ONG apportent des kits d'hygiène (chlore, savon, masques) aux prisonniers.

Vidéos de rassemblement devant la prison la Picota à Bogotá :

https://youtu.be/v0rAkceqeeE

https://youtu.be/0MnHSj86fGM

Le 21 mars 2020 à partir de 21h30, les prisonnier-es ont entamé un cacerolazo (manifestation bruyante) dans diverses prisons du pays. Elles exigeaient des mesures sanitaires efficaces contre la contagion du virus du syndrome respiratoire aigu grave, Sars-Cov 2 (COVID-19). Lors de ces protestations, elles ont été victimes de tirs et d’agressions. A la prison de La Modelo, Bogota il y a plus de 20 morts la nuit du 21 au 22 et le lendemain à la prison de La Modelo à Cucuta on parle de 4 autres morts, sans compter les blessés. Les chiffres officiels n'ont toujours pas été publiés.

Vous trouverez ici le communiqué en français des organisations sociales

Ici en espagnol la lettre écrite au président de la république Ivan Duque, à l'nitiative de notre partenaire local le CSPP et signée par plus de 500 personnalités et organisations sociale.

Ici la liste de revendications des prisonniers avant la soirée de protestation du samedi

Ici, un court film (6 minutes) sous-titré en français sur cet épisode meurtrier, avec en introduction une très bonne mise en contexte grâce à une interview avant les faits d'un membre du CSPP.

Les menaces contre le CSPP notre partenaire local se poursuivent. Leyder Perdomo, membre de la section d'Antioquia, enseignant à l'université d'Antioquia (UDEA) a été menacé de mort sur un tract signé par le groupe paramilitaire las Autodefensas Gaitanistas de Colombia (AGC). Leyder Pedromo a accompagné début février une délégation de Turpial dans le Bajo Cauca, zone actuellement très danguereuse pour la population et pour les défenseurEs des droits humain.

La situation est très préoccupante.

La dénonciation du CSPP

 

Le Mouvement National Carcéral (MNC), qui regroupe des prisonniers de différents établissements, a publié une dénonciation le 18 février contre la mesure de quarantaine prise à l'encontre des détenus de la prison de la Picota à Bogota.

Suite à une épidémie de diarrhée, les visites sont interdites aux moins de 5 ans, aux plus de 60 ans et aux femmes enceintes. Le MNC s'intérroge sur cette mesure car ce phénomène n'est pas nouveau et que les mesures d'hygiène n'ont jamais été appliquées malgré les dénonications et demandes des prisonniers et des organisations des DH. Il est rappelé également que l'écoulement des eaux sales est toujours un problème et que très étrangement l'administration pénitentiaire avait demandé aux prisonniers de se cotiser eux même pour payer les fumigations qui éradiqueraient les moustiques et mouches qui propagent certaines maladies !

Le communiqué du MNC

Les membres de notre partenaire local continuent de recevoir des menaces directes.

Le 10 février 2020, à 15.51 WALTER AGREDO MUÑOZ membre du CSPP valle de Cauca (Cali) a reçu un appel sur son téléphone personnel le menaçant de mort s'il continuait à faire son travail d'accompagnement des manifestations. Cet appel s'inscrit dans un contexte d'assassinats de liders sociaux et d'intimidation permanente envers l'opposition.

Voici la dénonciation rédigée par le CSPP

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association.turpial@gmail.com